Équité et inclusion Mobilisation

5 signes que vous êtes victime d’âgisme et mesures à prendre

L’âgisme consiste en des stéréotypes (pensées), des préjugés (sentiments) ou des discriminations (actions) fondés sur l’âge d’une personne. L’âgisme existe tant au sein des institutions que des communautés. Il s’insinue dans les relations interpersonnelles et peut également être autodirigé.

Pour en savoir plus sur l’âgisme et ses différentes formes, consultez : Qu’est-ce que l’âgisme?

L’âgisme n’est pas toujours facile à repérer. En règle générale, si vous avez l’impression d’être traité différemment en fonction de votre âge, vous êtes peut-être victime d’âgisme.

Les cinq signes suivants sont des exemples de manifestation de l’âgisme. Nous vous donnons également quelques conseils sur ce que vous pouvez faire si vous pensez être victime d’âgisme.

Signes d’âgisme

1) Vous êtes exclu des décisions qui ont une incidence sur votre vie ou vous faites face à des obstacles à la participation.

Pour les adultes âgés, cela peut comprendre des décisions sur les soins de santé ou les conditions de vie. Vous remarquerez peut-être qu’il n’est pas simple ou facile de se déplacer dans votre communauté ou de participer à la prise de décisions communautaires ou civiques. Vous constaterez peut-être qu’on ne vous consulte pas ou qu’on ne vous demande pas ce que vous souhaitez.

2) Vous êtes souvent mis à l’écart lors des réunions de famille et d’autres événements sociaux.

Si vous avez l’impression d’observer la situation de l’extérieur, vous pourriez être victime d’âgisme interpersonnel. Il se peut qu’on vous laisse à l’écart des conversations ou que les conversations soient simplifiées à l’extrême ou superficielles en votre présence.

3) Au travail, on fait référence à votre âge et à vos capacités.

Vous remarquerez peut-être qu’on semble vous exclure de certains projets, qu’on fait preuve de favoritisme dans l’attribution de projets prestigieux ou lucratifs, qu’on vous accorde un traitement différencié (p. ex., exclusion des occasions d’interaction sociale), qu’on vous garde à l’écart de la génération d’idées, ou qu’on formule des hypothèses sur votre capacité d’apprendre un nouveau programme ou une nouvelle procédure. N’oubliez pas qu’il est important d’avoir différentes opinions et perspectives à la table – vous avez quelque chose à offrir.

4) On ne vous encourage pas à chercher des occasions au travail ou dans la communauté.

Vous remarquerez peut-être que des promotions vous passent sous le nez ou qu’on vous exclut des possibilités de formation ou de perfectionnement professionnel. On vous interroge peut-être souvent sur vos projets de retraite. Dans les rôles communautaires et bénévoles, il se peut qu’on ne vous encourage pas à assumer de nouvelles responsabilités ou qu’on ne vous invite pas aux tables de prise de décisions.

5) Vous ne pensez pas pouvoir faire certaines choses à cause de votre âge ou vous attribuez certains revers à l’âge et vous supposez qu’il faut s’y attendre.

Vous considérez que c’est mauvais d’être « vieux ». Vous pensez que la vie commence à décliner et que vous avez raté l’occasion de faire certaines activités que vous auriez aimé faire.

Que faire si vous êtes victime d’âgisme

L’âgisme est une forme de discrimination. La discrimination fondée sur l’âge est illégale et interdite au Canada, et l’âgisme en milieu de travail est une violation des droits de la personne. Vous n’êtes pas forcé d’accepter ni de tolérer l’âgisme. Il y a des choses que vous pouvez faire pour régler le problème et aider à améliorer la situation pour les autres.

Si vous êtes victime d’âgisme dans vos relations interpersonnelles :

  • S’il est sécuritaire de le faire, songez à « dénoncer » la ou les personnes qui font preuve d’âgisme. Vous pouvez dire : « J’ai l’impression qu’on prend des décisions sur ma vie sans me consulter. J’aimerais participer davantage à la prise de décisions. » Ou encore « J’ai remarqué que les conversations semblent changer quand j’entre dans la salle. J’aimerais prendre part à vos discussions sur la vie et l’actualité. »
  • Demandez-vous si vous restez en retrait dans les situations familiales et sociales. Essayez de vous impliquer dans les conversations. Posez des questions et manifestez votre intérêt.
  • Il peut être bon de vous confier à une personne en qui vous avez confiance, qui est en dehors des relations où vous êtes victime d’âgisme. Ce pourrait être un autre membre de la famille, un ami ou même un travailleur social ou un autre professionnel de la santé mentale. Il peut être utile de discuter de la situation et des différentes façons de la gérer. Cette personne peut également vous soutenir s’il faut prendre d’autres mesures.
  • Si vous avez l’impression qu’on profite de vous, par exemple, si vous constatez qu’il manque de l’argent dans votre compte bancaire ou si quelqu’un vous demande de lui prêter de l’argent, vous pourriez être victime de mauvais traitements envers les aînés. L’exploitation financière est la forme la plus répandue de mauvais traitement envers les aînés au Canada. Vous pouvez parler à votre médecin ou appeler le service de police local. Vous trouverez des services locaux en visitant le 211.ca et en sélectionnant votre province ou territoire, ou en composant le 211 sur votre téléphone. Les provinces et les territoires offrent également des services de soutien aux aînés.
    • Alberta : Seniors’ Abuse Support Line 780‑454‑8888
    • C.-B. : Seniors Abuse and Information Line 1‑866‑437‑1940
    • Manitoba : Senior’s Abuse Support Line 1‑888‑896‑7183
    • Nouveau-Brunswick : Ligne d’écoute Chimo 1‑800‑667‑5005
    • Terre-Neuve-et-Labrador : Newfoundland and Labrador Network for the Prevention of Elder Abuse 1‑800‑563‑5599
    • Territoires du Nord-Ouest : Senior Info Line 1‑800‑661‑0878
    • Nouvelle-Écosse : composez le 211
    • Nunavut : Elders Support Phone Line 1‑866‑684‑5056
    • Ontario : Ligne d’assistance aux personnes âgées 1‑866‑299‑1011 pour soutien et aiguillage
    • Î.-P.-É. : Ligne d’écoute de l’Île 1‑800‑218‑2885
    • Québec : Ligne Aide Abus Aînés 1‑888‑489‑2287
    • Saskatchewan : Ligne d’information pour les aînés du Saskatchewan Seniors Mechanism 1‑888‑823‑2211
    • Yukon : Services pour les aînés – Protection des adultes 1-800-661-0408 (poste 3946)

Si vous êtes victime d’âgisme au travail :

  • S’il est sécuritaire de le faire, songez à « dénoncer » la personne qui fait preuve d’âgisme. Souvent, l’âgisme est implicite, ce qui signifie que les gens ne se rendent pas compte de ce qu’ils font. C’est ancré dans notre culture. Il peut donc être utile de le signaler quand vous le voyez. Vous pouvez dire quelque chose comme : « Je suis surpris de vous entendre dire cela. Vous semblez laisser entendre que je ne peux pas réaliser ce projet ou apprendre ce nouveau logiciel à cause de mon âge. »
  • Parlez de votre expérience à votre superviseur (le cas échéant) ou aux RH.
  • Suggérez d’inclure l’âgisme dans la formation et les programmes sur la diversité, l’équité et l’inclusion (DEI) en milieu de travail et dans les engagements communs en matière de DEI.
  • Si l’âgisme implique qu’on vous exclut de certaines occasions ou si vous avez l’impression qu’on vous met à pied ou qu’on vous encourage à prendre votre retraite à cause de votre âge, vous pouvez communiquer avec un avocat pour discuter de votre situation.

Si vous êtes victime d’âgisme dans les soins de santé :

  • Posez des questions sur vos options de traitement. Faites vos propres recherches.
  • Préparez-vous à obtenir un deuxième ou un troisième avis.
  • Envisagez d’amener quelqu’un à vos rendez-vous pour vous soutenir et prendre des notes.

Si vous entretenez des croyances âgistes internes :

  • Ne soyez pas trop dur avec vous-même! Nous sommes entourés de croyances âgistes dans la société au sujet des limites qu’impose le vieillissement et il est donc normal que vous les intériorisiez. La première étape, c’est de le reconnaître.
  • Chaque fois que vous vous prenez à penser que vous ne pouvez pas faire certaines choses, rappelez-vous que les limites que vous ressentez sont, du moins en partie, des constructions sociales. Exercez-vous à faire du recadrage et à trouver des solutions de rechange.
  • Si vous avez besoin d’aide pour modifier une activité ou trouver quelque chose pour remplacer une activité que vous faisiez auparavant, demandez à un ami ou à un membre de votre famille en qui vous avez confiance de vous aider à trouver des idées.
  • Repensez aux différentes périodes de votre vie où vous avez acquis de nouvelles compétences. Rappelez-vous de quoi vous êtes capable.
  • N’oubliez pas qu’apprendre et renforcer ses compétences favorisent la santé du cerveau, alors fixez-vous des objectifs réalisables et continuez de progresser.

L’âgisme est considéré comme le préjugé le plus accepté socialement. Il nous faudra tous travailler ensemble pour changer cela : pour exposer l’âgisme caché qui existe et pour créer une société plus inclusive et plus adaptée aux aînés. C’est pourquoi la prévention et l’élimination de l’âgisme font partie de notre travail de mobilisation à RTOERO et constituent un objectif de la Fondation RTOERO.